La seule chose, chez lui, qui était un peu morbide, c'était ce mental physique, le mental du corps, que Sri Aurobindo considérait comme impossible à changer—il était très obstiné, mais tu vois, c'est lui qui a fait le travail, c'est le changement de ce mental. »

8 février 1969 : « Ce qui est gênant pour la plupart des gens, c'est l'activité mentale—vraiment, ce corps est infiniment reconnaissant qu'on l'ait libéré de la présence mentale de façon à pouvoir être ENTIÈREMENT sous l'influence de cette Conscience, sans tout ce fatras accumulé de soi-disant connaissance que l'on a... C'est spontané, c'est naturel, ce n'est pas sophistiqué, c'est très-très simple, et presque enfantin dans sa simplicité. Et ça, c'est un grand avantage (la disparition du mental). Mais à cette allure-là, ça peut aller très vite—on apprend cent choses, deux cents choses A LA FOIS, n'est-ce pas, tout vu en même temps. Ce matin, c'était particulièrement intense. »

18 octobre 1969 :« Mais depuis que ce corps-ci ne sent plus son individualité, c'est tout à fait spontanément et naturellement «Tu es»— toutes les cellules, chaque cellule : Tu es.
Il n'y a pas de moi pour les cellules. Seulement, il est très concevable que chacun ait son chemin, par conséquent je ne lui ai pas dit : « Il ne faut pas faire cela. » Je m'en suis bien gardée.  

Oui, parce qu'il a été très influencé, après sa réalisation, par les enseignements des Swamis, pour qui c'est toujours : « Tu es Cela. »

Ils ont tort.
C'est-à-dire que, pour tout l'ancien yoga indien, le corps est une chose non transformable, et par conséquent c'est une

nécessité momentanée qui disparaîtra; tandis que pour Sri Aurobindo, le corps est transformable, et de la minute où il est transformable, au lieu de se penser lui-même individuellement, il se pense en la personne du Seigneur. Et ça, tu sais, je garantis que c'est spontané, c'est naturel, c'est... et c'est béatifique. Et l'idée de personne séparée est une calamité douloureuse.  

Et pour que la Force puisse passer rapidement pour atteindre le corps, il faut une GRANDE passivité. Je vois cela : chaque fois qu'il y a une pression pour agir sur une partie du corps ou une autre, ça commence toujours par une absolue passivité qui est... la « perfection de l'inertie », tu comprends ? Ce que l'inertie représente comme imparfait, c'est la perfection de cela... Quelque chose qui n'a aucune activité propre—c'est justement TRÈS difficile pour ceux qui ont un grand développement mental, c'est très difficile. Parce que tout le corps a travaillé toute sa vie à être justement dans cet état de réceptivité au mental, qui faisait son obéissance, sa docilité, etc., et c'est cela qu'il faut abolir. »

14 mars 1970 : « Et c'est l'expérience DU CORPS. Avant, ceux qui avaient des expériences intérieures disaient : « Oui, là-haut c'est comme ça, mais ici... » Maintenant, le « mais ici », bientôt ne sera plus. On fait la conquête de ça, ce changement formidable : que la vie physique doit être régie par la conscience supérieure et non par le monde mental. C'est le changement d'autorité... C'est difficile. C'est pénible. C'est douloureux. Il y a la casse naturellement, mais... Mais vraiment, on peut voir—on peut voir. Et ça, c'est le VRAI CHANGEMENT, c'est ça qui permettra à la Conscience Nouvelle de s'exprimer. Et le corps apprend, il apprend sa leçon—tous les corps, tous les corps. »
 

 

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